Retour en islande

 
 

Me voilà de retour en Islande 15 ans après mon premier voyage dans ce pays. A l’époque j’avais visité le sud ouest de l’île et m’étais promis de revenir pour faire le trek qui va de Landmannalaugar à Thorsmork. Malgré mes nombreuses tentatives je n’ai réussi à convaincre aucun de mes amis de m’accompagner et c’est donc tout seul que je fais ce voyage. Arrivé à Reykjavik en début d’après-midi ma première journée sera consacrée à acheter ce que je n’ai pas pu ramener de France à savoir : une cartouche de gaz pour mon réchaud, la carte de la randonnée et le pain qui agrémentera mes repas.


La randonnée devrait durer 4 jours et si elle est jalonnée de refuges il n’est pas possible de se ravitailler en route je partirais donc avec sur mon dos, tout ce qu’il faut pour manger, dormir, me loger, m’habiller etc… pendant 5 jours (il est conseillé de prévoir un jour de sécurité dans l’hypothèse ou une mauvaise météo me bloquerait une journée au campement). Mine de rien tout ce bardas pèse son poids et c’est avec un sac de près de 20 kg que je m’apprête à partir (c’est beaucoup trop lourd !).


Après avoir fait mes emplettes je profite de la douceur de la ville et de l’hospitalité des Islandais. Avant de partir pour 4 jours de nourriture lyophilisée je dîne d’une excellente soupe au homard chez SAEGREIFINN un boui-boui dans le port de Reykjavik qui propose toutes sortes de produits de la mer (ils proposent même des brochettes de baleine, nobody’s perfect !!!)












Je passe ensuite la nuit dans  le camping (très animé) de Reykjavik. Je me couche tôt car j’ai 2 heures de décalage horaire dans la vue et demain je dois me lever tôt pour me rendre à la gare routière BSI où je prendrais le bus qui m’amènera à Landmannalaugar, point de départ de mon trek.


Après une courte nuit pendant laquelle le soleil ne s’est pas couché, me voilà dans le bus pour Landmannalaugar. C’est un bus avec des roues énormes qui est capable d’affronter les pistes et de traverser les gués qui mènent à Landmannalaugar. En route je me rappelle mon voyage à VTT d’il y a quelques années, je mesure la rudesse des routes que nous avons emprunté à l’époque et je me dis que les gamins que nous étions avaient tout de même relevé un beau défi !


En route le bus récupère un couple de vététistes français échoués avant le premier gué. Ils embarquent dans le bus et le vététiste s’assied à côté de moi. Il m’explique que ça fait 20 jours qu’ils sont partis, ils ont emprunté la piste F 37 qui traverse les déserts centraux du pays, il m’apprend d’ailleurs qu’il n’y a plus de gués et que toutes les rivières peuvent désormais se traverser sur des ponts. Ils ont principalement eu du beau temps, ils ont passé la nuit dans le désert de cendres aux pieds du volcan Hekla (comme nous il y a quelques années). Aujourd’hui, c’est leur premier vrai jour de pluie et mademoiselle a trop froid pour continuer (c’est vrai que les températures dépassent rarement les 10°C ) il est un peu désolé de finir en bus mais ils se réjouissent tous les deux de se refaire une santé dans les sources chaudes du Landmannalaugar.


Après avoir traversé un gué assez impressionnant le bus arrive à destination. Je salue mon ami vététiste et j’écoute les consignes de sécurité de la responsable du refuge (ceux qui font le trek pour Thorsmork sont priés de s’inscrire sur une liste de sécurité au refuge et il est interdit de faire la randonnée en jeans ! Punaise ça l’air plutôt sérieux comme truc !). Je quitte la confortable chaleur du bus pour commencer mon aventure. L’accueil n’est pas vraiment à la hauteur de mes espérances. Il pleut des seaux et s’il y avait des vaches ici elles n’auraient sûrement plus de cornes tellement le vent souffle fort. J’hésite une seconde en me demandant si c’est bien raisonnable d’aller se mettre dans une pareille galère, d’autant plus qu’en me rendant au refuge je prends conscience du poids de mon sac et du handicap qu’il va constituer pendant ce trek ! Mais mon hésitation ne dure pas. Je retrouve le Landmannalaugar comme je l’avais laissé il y a quelques années; un paysage magnifique dans lequel la météo aime bien faire la démonstration de toute l’étendue de ses capacités avec une certaine prédilection pour ce qui mouille et ce qui souffle fort. Je me rends compte que je suis venu là pour me confronter à cela et j’arrive au refuge ou une petite Islandaise m’accueille avec un grand sourire et m’invite à déposer mon sac pour rentrer m’inscrire sur la liste de sécurité. Il s’agit d’une liste sur laquelle on inscrit son nom ses coordonnées et les dates prévues pour le passage à chaque refuge. Elle m’explique qu’à mon arrivée aux différents refuges je devrais informer le gardien de ma présence. Quand elle apprend que je pars tout seul elle me considère avec un peu plus d’attention et me demande si je suis vraiment prêt pour cette randonnée. Elle me précise que la météo est mauvaise et que cela ne devrait pas s’arranger dans les prochains jours. Je lui dis que c’est dommage mais que je ne peux malheureusement pas différer mon départ au risque de rater l’avion du retour et elle me souhaite une bonne randonnée.


ETAPE 1 >>

 

Arrivée à REYKJAVIK